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Pas obligé d'arrêter de boire

J'ai lu beaucoup d'articles depuis janvier, certains d'opinions, d'autres d'experts, concernant les nouveaux repères canadiens sur l'alcool et la santé. Si plusieurs membres de la communauté scientifique s'entendent sur le niveau de dangerosité d'une consommation régulière d'alcool, d'autres revendiquent leur besoin de boire leur petit verre chaque jour.


verre de martini avec glaçons et tranche de citron
image d'un cocktail

J'ai beaucoup aimé boire. D'ailleurs, je parle toujours de mon amour du champagne, du vin et de la bière au présent. J'aime le vin, j'aime la bière, j'aime fumer. Ça m'a apporté de grands moments de plaisir et de rires... beaucoup de mauvaises décisions et de maux de tête aussi. Si j'étais munie d'un variateur, peut-être que je consommerais un verre, deux ou trois lors d'un bon souper entre amis ou en amoureux. Mon problème c'est qu'une fois sur 3, je n'arrive pas à respecter une consommation ''responsable''. Je pars sur le party et une fois sur 3 je m'en veux de l'avoir échappé. Ce n'est pas une question de volonté. Quand j'entre en contact avec une substance psychoactive, ça me gère.


J'ai essayé à de nombreuses reprises de contrôler ma conso ou de faire des mois sans alcool. J'y arrivais un certain temps, parfois pas. Je ne pouvais m'imaginer me priver de cette liberté de faire ce que je veux quand je veux, de boire ce que je voulais quand je le voulais. Pourtant, le fait de de ne pas pouvoir arrêter de fumer malgré mes nombreuses tentatives ou de gérer ma consommation jusqu'à ne pas me sentir tipsy, indiquait clairement ma propension à la dépendance plutôt qu'à me sentir libre. C'est d'ailleurs souvent le genre de paradoxe auquel mes clients sont confrontés.


Avant même la sortie du CCDUS sur les nouveaux repères, de nombreuses études soulignaient les effets néfastes de l'alcool sur la santé et la classait même comme LA drogue la plus dangereuse avant même la cocaïne ou la cigarette. En terme de dommages directs et collatéraux, elle peut en effet générer énormément de dégâts. Je me souviens avec horreur d'avoir dit à de nombreuses reprises quand j'étais plus jeune: ''il faut bien mourir de quelque chose''... jusqu'à ce qu'une personne proche de moi meure d'un cancer du poumon lié à la cigarette. L'enfer.


Je crois qu'on comprend toustes les dangers de l'excès mais peut-être un peu moins ceux des effets cumulatifs d'une consommation régulière. L'alcool est souvent banalisé, possiblement parce que c'est un produit alimentaire et même glamour. Quoi de plus sexy qu'un bon St-Émilion grand cru.


Arrêter de boire n'est pas évident même si on conscientise les risques documentés associés à ce comportement. D'ailleurs, on peut conscientiser toute une vie sans passer à l'action. Le modèle transthéorique du changement qu'on voit et revoit lors de nos études d'intervention en dépendance explique bien le processus impliqué quand on souhaite changer une habitude.


S'il vous arrive de vous questionner par rapport à votre usage de substances, voici un extrait du site web du Gouvernement du Québec à cet égard.


Reconnaître un trouble lié à la consommation d'alcool ou d'autres drogues*

Lorsque la consommation d’alcool ou d’autres drogues nuit à différents aspects de la vie d’une personne, il est possible qu’elle ait un trouble lié à la consommation ou une dépendance. Voici des exemples de comportements qui permettent de reconnaître ces problèmes chez une personne :

  • Elle diminue sa participation à des activités sociales, professionnelles ou de loisirs importantes ou les abandonne complètement à cause de sa consommation.

  • Elle prend des risques alors qu’elle est sous l’effet de l’alcool ou d'autres drogues. Elle peut par exemple avoir des relations sexuelles non protégées, conduire un véhicule, pratiquer des activités sportives, etc.

  • Ses relations familiales, amoureuses ou amicales sont difficiles.

  • Elle doit consommer de plus en plus pour obtenir le même effet.

  • Elle passe beaucoup de temps à tenter de se procurer de l’alcool ou de la drogue, à consommer ou à se remettre des effets liés à sa consommation.

  • Elle consomme plus que prévu ou pendant plus longtemps que prévu.

  • Elle continue à consommer même si elle a des problèmes physiques ou psychologiques possiblement causés ou aggravés par sa consommation d’alcool ou de drogue.

  • Malgré sa volonté ou ses efforts, elle a de la difficulté à diminuer sa consommation ou à se fixer des limites lorsqu’elle consomme.


Personnellement, j'ai choisi d'arrêter de boire et de fumer il y a plus de 16 ans et je ne me suis jamais sentie aussi libre et sereine. Il m'arrive d'avoir envie d'un verre ou d'une pof mais ma balance décisionnelle penche toujours vers les innombrables bénéfices de ma sobriété.


Pas obligé d'arrêter de boire ni de mettre un condom quand on couche avec quelqu'un mais de connaître les dangers potentiels de tels comportements ne devrait pas être condamné. Bonne réflexion!

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