AA, CA, NA, OA, GA...
- Genevieve Lafreniere
- 29 janv. 2023
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 31 août

Aujourd’hui plus que jamais les fraternités anonymes comme les AA, CA, OA, GA, NA et Alanon, ces groupes gratuits et présents partout à travers le monde, sont nécessaires et pertinents.
On semble actuellement assister à une pénurie de services en matière de santé mentale et ces modèles (malgré certains défauts qui pourraient leur être attribués) permettent certainement un allégement à notre système de santé qui a l’air débordé sinon dépassé par la demande.
Le pouvoir du groupe et de la connexion à des gens qui nous comprennent et nous ressemblent sont encore largement utilisés en maisons de thérapie. Ils ont d'ailleurs été salués à de nombreuses reprises lors du premier sommet international sur la dépendance, la santé mentale et le bien-être en novembre dernier.
Depuis plusieurs décennies, les fraternités anonymes occupent une place essentielle dans le paysage du rétablissement des dépendances. Issues du modèle des Alcooliques Anonymes (AA) fondés en 1935, elles se sont multipliées et adaptées à différentes réalités : Narcotiques Anonymes (NA), Outremangeurs Anonymes (OA), Dépendants affectifs anonymes (DAA), Gamblers Anonymes (GA), et bien d’autres. Leur point commun : offrir un cadre simple, accessible et basé sur l’entraide entre pairs.
La pertinence de ces groupes repose d’abord sur leur accessibilité universelle. Les réunions sont gratuites, disponibles dans de nombreuses villes, et ouvertes à toute personne souhaitant arrêter une dépendance ou en réduire l’impact. Elles fonctionnent sur la base de l’anonymat et du respect, ce qui favorise la sécurité psychologique et le sentiment d’appartenance.
Le cœur de la démarche est constitué des 12 étapes, une méthode structurée invitant à l’introspection, à la reconnaissance de ses limites, au rétablissement de relations saines, et à l’engagement dans une vie plus alignée. Ces étapes ne sont pas un dogme, mais un cheminement adaptable à chaque parcours. Pour beaucoup, elles offrent une colonne vertébrale qui complète les approches médicales ou psychothérapeutiques.
Un autre atout majeur est la force du groupe. La dépendance isole, alors que les réunions permettent de briser l’isolement. Écouter des témoignages, partager ses difficultés et constater les progrès des autres nourrit l’espoir et la motivation. La relation entre pairs crée un climat d’égalité : chacun comprend la souffrance de l’autre et personne n’est jugé.
Certaines recherches montrent que la participation régulière aux fraternités anonymes favorise la stabilité dans l’abstinence, en particulier lorsqu’elle est combinée à d’autres ressources (thérapie, accompagnement professionnel, pratiques de bien-être). Ces groupes offrent aussi une forme de mentorat à travers le rôle du parrain ou de la marraine, qui guide la personne nouvellement engagée dans son cheminement.
Il est toutefois important de souligner que les fraternités anonymes ne conviennent pas à tout le monde. Certaines personnes peuvent se sentir éloignées du langage spirituel ou du fonctionnement en groupe. Néanmoins, même dans ces cas, l’expérience d’une réunion peut apporter des repères précieux, une ouverture, ou la possibilité de trouver des éléments inspirants.
En somme, les fraternités anonymes demeurent un soutien incontournable pour des millions de personnes à travers le monde. Elles ne remplacent pas un suivi professionnel, mais elles enrichissent le processus de rétablissement en offrant un espace de solidarité, de partage et d’espoir. Pour plusieurs, elles représentent bien plus qu’un simple groupe : une véritable communauté de vie, où l’on apprend à se libérer des dépendances tout en retrouvant dignité et sens.
J’éprouverai toujours une gratitude éternelle et infinie envers ces fraternités dont les défauts peuvent rappeler ceux qui existent en chacun de soi.
Il y a certainement un meeting près de chez vous ou en ligne correspondant au jour, heure et besoin qui vous rejoindrait si vous questionnez votre rapport à l'alcool, la cocaïne, le sexe, le jeu, la dépendance affective ou toute autre addiction.
Cheers à Bill et Bob et à mes frères et soeurs de sobriété,
Geneviève



Commentaires