La dépendance affective à travers les styles d'attachement
- Genevieve Lafreniere
- 23 juil.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 23 oct.

La dépendance affective est une dynamique relationnelle qui peut affecter la qualité de nos relations et notre bien-être personnel. Souvent méconnue ou minimisée, elle peut être influencée par notre style d'attachement. La dépendance affective se caractérise souvent par un besoin excessif de validation, de présence ou d’amour venant des autres. Les personnes concernées peuvent avoir une peur intense de l’abandon, chercher constamment l’approbation et s’oublier dans leurs relations. Cela peut créer des relations déséquilibrées et parfois toxiques.
Les signes communs de la dépendance affective peuvent inclure :
Une peur irrationnelle d’être seul.e.
Un besoin constant de réassurance.
Une difficulté à poser des limites.
Une tendance à s’adapter excessivement aux besoins des autres.
Ces comportements trouvent souvent leurs racines dans des modèles relationnels de l’enfance, notamment par le biais des styles d'attachement. Développée par John Bowlby et plus tard Mary Ainsworth, la théorie de l’attachement suggère que la manière dont nous avons été élevés influence nos relations futures. Il existe quatre principaux styles d’attachement :
1. L’attachement sécurisant
Les personnes ayant un attachement sécurisant ont grandi dans un environnement où leurs besoins émotionnels étaient régulièrement comblés. En tant qu’adultes, elles ont tendance à :
Établir des relations équilibrées.
Communiquer leurs besoins avec clarté.
Faire confiance aux autres tout en étant autonomes.
Dans le cadre de la dépendance affective, ces individus sont moins enclins à rechercher une validation excessive car ils possèdent une base émotionnelle stable.
2. L’attachement anxieux-préoccupé
Ce style d’attachement se manifeste lorsque l’attention parentale était inconsistante ou imprévisible. Les adultes avec un attachement anxieux-préoccupé :
Craignent l’abandon.
Recherchent constamment des signes d’amour ou de validation.
Ont tendance à s’accrocher dans les relations, ce qui peut étouffer leur partenaire.
Ils sont fortement prédisposés à la dépendance affective en raison de leur besoin d’assurance constante.
3. L’attachement évitant
L’attachement évitant se développe souvent chez les enfants dont les besoins émotionnels ont été ignorés ou rejetés. Ces individus, devenus adultes :
Préfèrent l’autonomie à la proximité.
Ont du mal à exprimer leurs besoins ou leurs émotions.
Peuvent être perçus comme distants ou détachés.
Bien qu’ils puissent sembler à l’abri de la dépendance affective, leur peur de l’intimité et leur tendance à éviter les relations profondes reflètent un autre type de vulnérabilité.
4. L’attachement désorganisé
Ce style résulte souvent de traumatismes ou de négligences graves. Les personnes avec un attachement désorganisé :
Alternent entre recherche d’intimité et peur de celle-ci.
Ont des relations instables et chaotiques.
Luttent avec une profonde insécurité.
Ces individus sont à risque de dépendance affective, mais leurs comportements contradictoires peuvent aussi repousser les autres.
Comprendre son style d’attachement peut aider à surmonter la dépendance affective. Voici quelques pistes pour progresser :
Explorer son passé relationnel en lisant sur le sujet : Identifier les modèles appris dans l’enfance permet de mieux comprendre ses comportements actuels.
Renforcer l’estime de soi : Apprendre à se valoriser en dehors des relations est essentiel pour réduire le besoin excessif de validation.
Apprendre à poser des limites : Les limites saines permettent de maintenir des relations équilibrées.
Consulter un professionnel : psychologue (Accueil - Ordre des psychologues du Québec), sexologue (Accueil - OPSQ)
Participer à des groupes de support : comme DAA par exemple
Dans le milieu du rétablissement, on entend souvent dire que la dépendance affective est la « mère de toutes les dépendances ». Et cela fait sens : dès notre naissance, nous sommes entièrement dépendants des autres pour survivre, être aimés, consolés, régulés. Pour ma part, il m’a fallu environ huit années de thérapie et de pratiques quotidiennes pour développer une réelle autonomie affective, pour apprendre à prendre soin, moi-même, de mes besoins non comblés. Aujourd’hui, je maîtrise cette compétence avec excellence mais il m’arrive encore d’être touchée par le rejet. Comme on ne désapprend pas à marcher ou à lire, je ne peux effacer mes blessures d’origine. Développer de nouvelles habiletés demande des années de persévérance et un engagement sincère envers le désir d’un mieux-être intérieur.
Finalement, reconnaître les mécanismes de la dépendance affective permet de mieux nous comprendre. En observant nos manières d’aimer en fonction des styles d’attachement, nous nous donnons les moyens de guérir, de nous ajuster et de nous actualiser. Le chemin vers des relations plus saines passe souvent par un retour à soi, une écoute plus fine de nos besoins et un engagement envers notre croissance personnelle. C’est un processus qui demande du temps mais qui est profondément libérateur.
Bonne démarche à toustes!
Geneviève



Commentaires