La dépendance n'est pas un choix
- Genevieve Lafreniere
- 5 nov. 2020
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 29 juil.
J'ai souvent entendu des gens dire que ça déresponsabilisait l'alcoolique ou le toxicomane (termes qui ne sont plus utilisés aujourd'hui - on parle plutôt de trouble de l'usage ou de trouble de la dépendance) de lui attribuer une étiquette de malade. Or mon coach de sobriété donnait toujours cet exemple éloquent. On ne peut pas dire à quelqu'un qui souffre d'un cancer: ''si tu m'aimais, t'arrêterais d'être malade''. C'est la même chose à l'égard de la dépendance.

On ne peut exiger à quelqu'un d'arrêter de consommer ou d'avoir des comportements addictifs puisqu'il souffre lui-même de quelque chose qu'il n'a pas demandé. Personne au monde ne souhaite cette affliction. Surtout quand on sait qu'un trouble de l'usage est souvent une forme d'automédication.
Une grande partie des gens voit encore la dépendance selon le modèle moral de la chose. Comme quoi l'addiction serait un choix. Le rétablissement devient potentiellement un choix mais pas la maladie. C'est fou le nombre de perceptions entourant la toxicomanie. Plusieurs pensent encore qu'un ''alcoolique'' a besoin d'alcool en se levant alors que peu connaissent les repères canadiens sur l'alcool et la santé:
Il existe un continuum de risque associé à la consommation hebdomadaire d’alcool :
0 verre par semaine – Offre de nombreux bénéfices, par exemple une meilleure santé et un meilleur sommeil.
2 verres standards ou moins par semaine – Permet généralement d’éviter les conséquences de l’alcool pour vous-mêmes et pour les autres.
3 à 6 verres standards par semaine – Augmente le risque de développer plusieurs cancers, comme le cancer du sein et du côlon.
7 verres standards ou plus par semaine – Augmente en plus votre risque d’avoir une maladie du cœur ou un AVC.
Au-delà de 7 verres standards par semaine – Augmente radicalement le risque que ces conséquences surviennent.
Non, la dépendance n’est pas un choix. Elle est souvent une réponse à un besoin non comblé de détente, de plaisir, de récompense, de liberté, de temps pour soi. Une stratégie de survie liée à la fuite ou au gel. Ce mythe du « choix » est une violence subtile mais tenace. Il culpabilise la personne dépendante, la pousse à se cacher, se détester ou avoir honte alors qu’elle est souvent prise dans un combat intérieur entre la version d'elle qui aimerait arrêter ou se contrôler et celle qui n'y arrive pas. La dépendance est complexe. Elle ne se résume pas à une mauvaise habitude ou à un manque de volonté. Elle implique le système nerveux, l’histoire de vie, les blessures non soignées... Quand on a grandi dans un contexte où les émotions n’étaient pas validées, reconnues, accompagnées ou expliquées, où les besoins étaient ignorés ou dénigrés, il est normal d'avoir potentiellement développé des stratégies pour apaiser, fuir ou se dissocier. L’alcool, la nourriture, les écrans, le travail, les relations, le contrôle, l’adrénaline peuvent alors devenir des refuges temporaires.
Lorsqu'on commence à se rétablir, on souhaite développer sa sobriété émotionnelle (apprendre à ressentir sans fuir), sa souveraineté personnelle, se reparenter (offrir à l’adulte qu’on devient ce que l’enfant n’a pas reçu), s'actualiser. Ce sont des choix puissants, profonds, qui demandent du courage, de la persévérance, de l’aide.
Il y a encore beaucoup de travail à faire pour briser les tabous entourant la dépendance. C'est possiblement une des raisons pour lesquelles les fraternités anonymes comme AA, CA, OA, NA... sont encore si pertinentes 85 ans plus tard.
Si vous ou l'un de vos proches souffre de dépendances, la ligne d'écoute bilingue, gratuite et confidentielle Drogue, aide et référence disponible 24/24, 7 jours sur 7 peut vous aider:
514-527-2626
Avec vous de tout mon coeur, bonne démarche!
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